Mathieu Jacques Duplay (1751-1833)
Et sa descendance
Cette figure de la famille Duplay semble avoir été oubliée par les historiens de la Révolution. Elle est pourtant importante de par sa proximité avec Philippe Le Bas fils, et par le fait que sa descendance perdure jusqu’à aujourd’hui.
Mathieu Jacques est l’un des jeunes frères de Maurice Duplay, comme lui venu du Velay. Si Maurice était menuisier, lui était charpentier, et tout aussi talentueux. Comme son frère, il est juré au tribunal révolutionnaire de Paris. Il apparaît dans l’acte de tutelle réunissant la famille Duplay et leurs proches amis pour nommer le tuteur du jeune Philippe, en l’occurrence Darthé. Frère de Maurice, Jacques Mathieu est donc le grand-oncle de Philippe Le Bas, mais comme Philippe épouse sa fille Edmée Clémence, il est également son beau-père .
Ce double lien de parenté va se traduire par une grande proximité de ces deux branches familiales.
Ce dessin porte une signature : Duplay, est-ce la signature d’Eléonore?.
Conférence de M. Jean Philippe DUPLAY
Assemblée générale 2025 et conférence de Jean-Philippe Duplay
Assemblée générale 2025 et conférence de Jean-Philippe Duplay, samedi 20 septembre 2025 à Frévent
Eugène Duplay (1806-1889)
Parmi les enfants de Jacques Mathieu, afin de ne pas surcharger l’arbre, seuls apparaissent Edmée Clémence, l’épouse de Philippe et son jeune frère Eugène (Pierre Paul Eugène). Il est souvent question de ce dernier dans la correspondance de Philippe. En effet, Clémence Edmée est revenue en France avant Philippe lors du préceptorat que ce dernier opérait auprès de Charles-Louis-Napoléon Bonaparte. Elle réside un temps avec son frère Eugène, comme nous l’indique l’extrait de cette lettre inédite, adressée par Philippe Le Bas à son beau-père depuis Rome le 17 mars 1827 .
Cet extrait confirme la proximité entre Eugène et Edmée au point de former un petit ménage fraternel. En outre, cette lettre suggère qu’Edmée avait dû changer souvent de domicile avant de s’être ainsi fixée avec son frère, ce qui semble rassurer Philippe.
De même, le fait pour Philippe Le Bas d’adresser une lettre à son beau-père Charles Le Bas, donc à sa mère, chez Eugène Duplay, confirme les propos de Philippe dans la lettre précédente et la proximité deux familles .
Eugène Duplay, comme son beau-frère Philippe, poursuivra une carrière dans l’enseignement, mais privé cette fois. C’est en tout cas ce que nous apprennent plusieurs actes d’état civil. Ainsi, dans son acte de décès, est-il précisé le concernant : « Chef d’institution honoraire, officier de l’instruction publique » . Dans l’acte de mariage de son fils, Georges Paul Alexandre Duplay, il est présenté comme « maître de pension » .
Cette pension était dénommée tout simplement pension Duplay comme l’atteste l’Almanach du commerce . Cette institution était située au 44 rue de Marbeuf , devenu aujourd’hui n°18. Cette pension était célèbre. On retrouve sur Internet plusieurs articles la mentionnant :
No18 (ancien no44) : Sous le Second Empire, c’était la pension Duplay, tenue par le petit-fils du menuisier Maurice Duplay, logeur et ami de Robespierre. Elle était fréquentée par la meilleure société. Elle eut comme élèves le prince Charles Bonaparte et Jean-Casimir-Perier .
Ces différents articles commettent tous l’erreur de faire d’Eugène le petit-fils de Maurice alors qu’il est son neveu.
Nous retrouvons également des informations concernant cette institution par exemple sur RetroNews :
Parmi les établissements libres, l’institution Duplay, l’École alsacienne et l’École Monge restent au premier rang pour l’ardeur qu’elles apportent aux jeux scolaires. L’institution Duplay a pris possession d’un terrain au bois de Boulogne et y exerce ses élèves à la longue-paume sous la direction d’un moniteur désigné par la Ligue .
Georges Paul Alexandre Duplay (1835-1901)
L’un des fils d’Eugène est Georges-Paul-Alexandre Duplay (1835-1901). Étonnamment, on le retrouve filateur à Frévent, ce qualificatif professionnel est mentionné dans son acte de mariage . Par quel hasard un Duplay se retrouve-t-il vivre à Frévent, le berceau de la famille Le Bas, et de surcroît en y étant le directeur de l’un des principaux établissements de la ville, le comptoir Linier ? À en croire la liste des raisons sociales de cette importante entreprise, il en sera même l’un des associés. En effet, en 1874, la raison sociale de cette entreprise est Magnier, Duplay, Fleury et Cie, puis en 1881 Magnier, Duplay Fleury et Cie, précédemment c’était le nom de son beau-père Pouilly qui y figurait .
En tant que directeur il réside dans le petit château de Rollepot, hébergement dédié à cette fonction.
C’est en ces lieux que naît le 12 juin 1869, Georges Charles Eugène Duplay (1869-1940), comme stipule son acte de naissance. ( AD 62, acte de naissance n° 52 du 12 juin 1869.
Georges Charles Eugène Duplay (1869-1940)
Georges Charles Eugène est une personne cultivée, son petit-fil Jean Duplay a retrouvé une correspondance qu’il entretenait avec Émile Zola sur un site consacré à l’écrivain. En outre, il a écrit ses mémoires et son petit-fils Jean Duplay souhaite les publier. Il m’a présenté la partie concernant Frévent. En conséquence, je ne reproduirais ici que ce court extrait qui fait écho avec le dernier chapitre de cette thèse :
C’est sans doute vers cette époque que me fut donné mon premier beau livre, relié, un alphabet avec images, par notre voisin M. Luglien-Leroy à l’arbre de Noël des bouchers (?) le 25 décembre 1873 ; livre que j’ai toujours conservé précieusement avec sa dédicace .
Georges Charles Eugène Duplay ne pouvait pas savoir que ce « gentil » Luglien-Leroy serait, trois décennies plus tard, le fossoyeur du projet de monument Le Bas initié par Émile Lesueur et Paul Coutant et destiné à rendre hommage au Conventionnel .
Dans le texte cité ci-dessus, le nom de Le Bas, n’apparaît pas. C’est étrange et surprenant de la part d’une personne aussi cultivée, qui ne pouvait point ignorer que Frévent était la ville du Conventionnel. En effet, son grand-père Eugène Duplay, qui est en même temps son parrain, ne décède qu’en 1889 et avait donc eu le temps de lui parler de ce passé glorieux. Il avait été très proche comme nous l’avons vu de son beau-frère Philippe Le Bas (1794-1860) et avait même côtoyé Élisabeth.
Georges Charles Eugène Duplay quittera en suite Frévent avec sa famille.
Il aura eu sept enfants , comme nous l’avons signalé. C’est Charles, l’un d’eux, qui s’intéressera à l’histoire familiale . Né en 1905, il est l’ainé de Philippe qui sera général, et participera avec la 2e DB au débarquement en tant que sous-lieutenant.
Le général Philippe Duplay (1920-1992)
Né au Mans en 1920, son père avait alors 51 ans. Le récit de sa vie commence ainsi :
Si le premier personnage n’est pas Maurice Duplay mais son jeune frère , Mathieu Jacques, les deux autres portraits nous sont bien connus et illustrent la fierté du général Philippe Duplay et de son fils Jean Duplay de rattacher leurs origines à ces personnages. Le titre même de l’ouvrage de Souvenirs d’un guerrier républicain n’est pas sans rappeler l’esprit des soldats de l’an II[1], que l’on pourrait comparer à celui de la 2e DB.
Jean Duplay dispose de nombreux documents d’archives inédits, tel que des actes d’état civil reconstitués, comme celui d’Élisabeth Duplay, l’acte de mariage de Philippe Le Bas et d’Edmée Duplay (la fille de jacques Mathieu), l’acte de mariage de Charles Le Bas et d’Élisabeth Duplay du 20 nivôse an II.
Il a publié un livre consacré à son père :
Résumé
L’ouvrage débute par le journal de guerre très vivant de Philippe DUPLAY, jeune saint cyrien qui refuse la défaite. Il choisit de s’évader par l’Espagne en 1943 pour rejoindre la France Libre, où il intègrera une unité de la 2ème Division blindée, en cours de constitution. Ce journal est suivi des Mémoires du Général DUPLAY, qui raconte sans fard son enfance et son adolescence dans une famille bourgeoise, puis sa guerre jusqu’à l’été 1943 (rédaction hélas interrompue par son décès en 1992). Dans la 3ème partie sont regroupées 3 conférences du général DUPLAY, sur la formation de la 2ème DB, la campagne de libération de la France et la libération de Paris par LECLERC et ses compagnons. Un dernier petit texte de sa main souligne les qualités de chef et de rassembleur de Philippe LECLERC de HAUTECLOCQUE.
Voici la sépulture de la famille Duplay de la branche de Mathieu Jacques Duplay, le frère de Maurice Duplay.
