Le 9 thermidor et Philippe Le Bas

par | 27,07,21 | Philippe Le Bas ( 1764-1794) | 0 commentaires

Introduction

« Je ne veux pas partager l’opprobre de ce décret, je demande aussi l’arrestation. »

Par cette seule phrase, le Conventionnel Philippe Le Bas, l’ami de Robespierre, le représentant du peuple en mission aux armées, le binôme d’Antoine de Saint-Just, scelle son destin et celui de sa famille. Cette phrase témoigne d’un héroïsme hors du commun, d’une fidélité absolue et indéfectible à ses idées et à ses compagnons, mis en état d’arrestation par les députés de la Convention en cette séance du 9 thermidor an II (27 juillet 1794).
Il est souvent relaté que nombre de députés avaient tenté de retenir Le Bas par ses vêtements, en criant « pas Lebas ! » pour le contraindre à se rasseoir, avant qu’il ne prononce cette phrase d’une voix retentissante. Mais en vain : la détermination de Philippe Le Bas fut totale.
Comme le souligne Ernest Hamel dans son Thermidor, « Il n’y a point en faveur de Robespierre de plaidoirie plus saisissante. »
En effet, comme l’indique Hamel, tout retenait Philippe Le Bas à la vie : il était éperdument amoureux de sa jeune épouse Élisabeth, la fille cadette de Maurice Duplay, le logeur et ami de Robespierre et, de plus, elle venait tout juste de lui donner un fils le 17 juin précédent, âgé à peine de six semaines.
Par son sacrifice, Philippe Le Bas, comme le précise Ernest Hamel, privait son jeune fils, également prénommé Philippe, d’un père.
Le Conventionnel et ses compagnons, Maximilien Robespierre, Saint-Just, Couthon et Augustin, sont emmenés au Comité de sûreté générale et dispersés dans différentes prisons parisiennes. Philippe Le Bas, lui, est emprisonné à la Force. Élisabeth, son épouse, s’y rend pour lui amener, à sa demande (transmise par un commissaire), un lit à sangle, un matelas et une couverture ; c’est ainsi qu’elle vit pour la dernière fois son mari en train d’être libéré « par une grande foule de gens exaspérés ». Selon les Mémoires d’Élisabeth, lors de cette ultime rencontre, Philippe prodigue à son épouse une série de recommandations au sujet de leur fils et son éducation ; ses dernières paroles seront :

Nourris-le de ton lait, ne lui fais pas haïr les assassins de son père, inspire-lui l’amour de la patrie ; dis-lui bien que son père est mort pour elle. Adieu, mon Élisabeth, adieu… Vis pour notre cher fils ; inspire-lui de nobles sentiments, tu en es digne .

le 9 thermidor

Le 9 thermidor, selon Philippe Le Bas (fils).

Au matin de cette funeste journée, Philippe résume ainsi l’ultime conversation entre son grand-père et Robespierre :
Le matin même du 9 thermidor, Duplay, son hôte et son ami, lui parlant avec une vive inquiétude des dangers auxquels il allait s’exposer, et insistant sur la nécessité de prendre ses précautions, Robespierre lui a répondu : « La masse de la Convention est pure ; rassure-toi je n’ai rien à craindre. », c’est D***** lui-même qui rapporta plus tard ces paroles à Buonarroti dans la prison où ils furent jetés l’un et l’autre » .
 Pour quelle raison Philippe écrit le nom de son grand-père ainsi « D**** ». Il souhaite peut-être prendre de la distance pour renforcer la pertinence de ce témoignage et lui donner plus de valeur, c’est peut-être aussi pour la même raison qu’il fait intervenir Philippe Buonarroti qui rapportait ce témoignage quelques années auparavant. Car l’on est en droit de penser que Philippe a pu aussi recueillir ce témoignage directement de son grand-père lui-même, peut-être sous une autre forme, puisqu’il l’a connu jusqu’à l’âge de 26 ans. Comme on a déjà pu le remarquer, Philippe, en parlant de son grand-père et de son lien avec Robespierre, le désigne toujours comme son hôte et son ami ; comment pourrait-il en être autrement pour deux hommes qui durant près de trois ans avaient partagé leur intimité, pris ensemble leurs repas, dont cet ultime petit-déjeuner. Ainsi, cette confiance qu’évoque Robespierre dans les événements qui vont suivre, sa confiance en la masse des membres de la Convention, était peut-être réelle et il ne pouvait imaginer les sordides tractations de la nuit entre des hommes que tout opposait.
Philippe Le Bas en arrive donc à la narration de cette terrible journée. Il commence par décrire la bienveillance et la courtoisie soudaines et inhabituelles de certains Montagnards vis-à-vis de leurs collègues de la Plaine. Et commence alors le fameux discours de Saint-Just interrompu par Tallien, puis par Billaud-Varenne, tel un scénario écrit à l’avance, laissant Saint-Just de marbre, et Robespierre et ses amis dans l’incapacité d’intervenir et de répondre aux accusations de leurs adversaires. Le récit de Le Bas ne diverge pas de celui que l’on connaît, procédant principalement des mêmes sources comme Le Moniteur. Ce qui est intéressant, cependant, ce sont ses réflexions.

Le discours de Saint Just

Il reproduit largement le discours de Saint-Just, en précisant au préalable :
Ce serait s’associer aux passions des Thermidoriens que ne pas donner ici au moins une analyse du rapport qu’ils ont refusé d’entendre. En admettant que Saint-Just n’avait le droit de parler comme rapporteur, il avait assurément le droit de s’expliquer en sa double qualité de membre de la Convention et de membre du Comité de salut public. S’il n’y avait pas eu un parti pris d’étouffer sa voix, on devait l’écouter, après l’avoir prévenu que ce qu’il allait lire serait considéré non plus comme un rapport, mais bien comme un discours qui contenait ses opinions personnelles et celles de ses amis. Si les propositions de Saint-Just étaient déraisonnables on pouvait les repousser, si elles étaient sages il fallait les adopter, dans le cas où elles auraient été mêlées de bien et de mal, il convenait de prendre l’un et de laisser l’autre. Mais c’est ce que ne voulaient pas les meneurs, les Tallien, les Fouché, les Billaud-Varenne, les Collot d’Herbois, les Vadier. Ils étaient venus non pour délibérer des affaires de la patrie mais pour se venger. Passive depuis longtemps la Convention se laissa entraîner par quelques hommes qui ne jouissaient assurément pas de son estime . Philippe ajoute que si Saint-Just put lire son discours qui était, certes, un plaidoyer pour ses idées, il constituait également un diagnostic de la gouvernance en place, proche de la réalité. Il ajoute que son discours était plus précis et moins vague que celui de Robespierre la veille. Il indique :
Saint-Just met le doigt sur la plaie, et après avoir montré le mal, il propose le remède. Il accuse ouvertement Billaud-Varenne et Collot d’Herbois, Billaud-Varenne surtout, terroriste acharné, ambitieux hypocrite qui ne comptait que sur sa cruauté pour s’élever au premier rang, qui a fait périr Danton, qui a fait périr Robespierre, qui aurait fait périr Carnot enfin qui aurait envoyé au supplice tout ce que la France possédait encore d’hommes supérieurs .
En effet, le discours de Saint-Just comportait une véritable charge contre Billaud-Varenne, il évoque son caractère « taciturne », « Je me plains que lorsqu’on délibère, il ferme les yeux, et feins de dormir. », « il hésitait, il s’irritait, corrigeait ensuite ce qu’il avait dit hier, il appelait tel homme absent Pisistrate ; aujourd’hui présent, il était son ami. »
Dans la présentation de son discours, Philippe Le Bas, indique que Saint-Just s’en prend ensuite à Carnot : « Le rapporteur insiste avec trop d’amertume peut-être sur une manœuvre intempestive ordonnée par Carnot ». Pourtant, dans son exposé, Saint-Just semble finalement s’en prendre davantage à Carnot qu’à Billaud surtout dans sa conclusion où il indique : « Les membres que j’accuse ont commis peu de fautes dans leurs fonctions : ils n’ont point à se justifier par les opérations, si ce n’est celle des dix-huit mille hommes qu’on a voulu enlever à l’armée de Sambre-et-Meuse. » Ainsi, Philippe ne semble pas partager totalement la sévérité de Saint-Just à l’égard de Carnot. Ce parti pris en faveur de Carnot de la part de Philippe est peut-être à rechercher du côté d’une certaine proximité avec son fils Hyppolyte, au moment où il écrit ces lignes.
Il évoque ensuite les interventions successives bien connues de Tallien et Billaud, mais insiste un peu plus, que dans les autres récits de l’événement, sur le refus catégorique qu’on afflige à son père de prendre la parole :

Philippe le Bas privé de parole

Le Bas demande la parole ; on lui fait observer qu’elle est à Billaud-Varenne. Il insiste de nouveau et crée le trouble.
Delmas : Je demande que Le Bas soit rappelé à l’ordre.
Cette proposition est décrétée.
Le Bas insiste de nouveau.
Tous les membres : Qu’il obéisse au décret ou à l’Abbaye.

Ainsi, comme le stipule son fils, Philippe Le Bas fut également privé de parole et de la manière la plus énergique. On est en droit de s’interroger sur ce qu’aurait pu être son discours, lui qui, selon son fils, possédait une réelle éloquence, mais qui, jusqu’à cette heure, n’avait que rarement pris la parole à la Convention. Comme on a pu le lire dans sa correspondance avec son père, il ne voyait pas l’intérêt de prendre la parole s’il n’avait rien à rajouter. Mais en cette circonstance, en prenant la parole, il avait la possibilité de tout faire basculer. En effet, sa réputation d’homme pondéré était bien présente à la Convention ; il aurait été écouté s’il avait pu être entendu, ses ennemis ne le savaient que trop bien, et c’est certainement la raison pour laquelle l’obstruction à son droit de parole fut si violente.

Poursuite des interventions des conspirateurs.

Puis les interventions des conspirateurs reprennent et Philippe Le Bas commente celle de Billaud-Varenne, lequel évoque Hébert et Danton, notamment par cette phrase bien connue :

« La première fois que je dénonçais Danton au Comité, Robespierre se leva comme un furieux, en disant qu’il voyait mes intentions, que je voulais perdre les meilleurs patriotes. »

Philippe Le Bas commente alors, en bas de page :

Ainsi le sombre Billaud-Varenne qui avoue que c’est lui-même qui a demandé la tête d’Hébert et de Danton. Il fait cet aveu au moment où il va obtenir une victime de plus et perdre Robespierre, le seul rival qui lui fasse encore peur. Saint-Just avait-il tort, après cela, de l’accuser d’ambition dans son rapport ? Si la Convention avait pu connaître les preuves que fournissait le rapporteur à l’appui de son accusation, nul doute qu’elle n’eût éprouvé contre Billaud-Varenne les sentiments d’indignation que ce monstre cherchait à soulever contre Robespierre. P. L.

La suite de la présentation par Philippe Le Bas de cette journée du 9 thermidor est conforme aux récits habituels la concernant. Et il la conclut de la manière suivante :
Quoique le succès eût surpassé l’attente des ennemis de Robespierre, cependant le triomphe était loin d’être complet. Ils avaient tourné la majorité de la Convention contre lui, ils lui avaient enlevé la parole, cette arme puissante, avec le secours de laquelle il espérait rendre inutile une nouvelle insurrection populaire ; ils avaient outragé sa personne, celle de ses amis, ils l’avaient décrété d’accusation ; enfin ils l’avaient fait descendre de la barre et livré aux gendarmes ; mais il leur restait encore à le faire condamner par le tribunal révolutionnaire. Là du moins Robespierre était sûr de se faire entendre, Saint-Just et Couthon allaient lui porter l’appui de leur éloquence ; Robespierre jeune et Le Bas allaient aussi parler pour lui, le noble dévouement avec lequel ils avaient demandé l’un et l’autre à être décrétés d’accusation, montre quelle foi ils avaient dans la justice de leur cause .
Ainsi Philippe Le Bas indique que si Robespierre et ses amis avaient comparu au tribunal révolutionnaire, ils auraient été absous compte tenu de leur popularité mais peut-être aussi de par la composition du tribunal révolutionnaire qui leur était favorable, aussi indique-t-il : « Malheureusement Robespierre, après avoir manifesté d’abord la ferme intention de se présenter sur les bancs des accusés, céda ensuite aux prières de ceux qui vinrent le délivrer de prison. » Philippe Le Bas précise alors que Robespierre n’avait plus que la violence comme sortie possible de cette situation, et comme il n’y était pas préparé « il dut succomber sous le décret de mise hors-la-loi que la Convention lança contre lui. »

Hyppothèse de Philippe Le Bas (fils), d’une libération volontaire des incarcérés.

Philippe Le Bas évoque alors la possibilité que cette libération ait été facilitée par quelques membres des Comités « plus prévoyants ou plus audacieux que les autres » . Ces derniers craignant par-dessus tout l’épisode du tribunal car, en cas succès pour Robespierre et les siens, un retournement de situation se serait opéré à l’encontre des Thermidoriens.
Il s’appuie à nouveau sur Tissot pour évoquer cette hypothèse : « Ce serait Voulland qui aurait fait cette proposition de laisser s’échapper ces prisonniers aux membres des Comités, qui l’auraient accepté après quelques réticences. Ce qui corrobore cette thèse, selon Philippe s’appuyant toujours sur Tissot, « c’est qu’aucun administrateur des prisons où devaient être détenus les députés, ne fut arrêté, ni poursuivi, ni recherché. » Et, un peu plus loin, il ajoute que c’est le même Voulland qui aurait demandé à la Convention la mise hors-la-loi de Robespierre .

L’attitude d’Henriot

Philippe Le Bas s’attarde ensuite sur le cas d’Henriot qui, à l’annonce de la mise en état d’arrestation de Robespierre et de ses amis, part vers les faubourgs exciter l’enthousiasme du peuple. Le Bas précise qu’Henriot est en état d’ivresse :
Arrivé au Faubourg Saint-Antoine il rencontra un rassemblement d’ouvriers qui, émus d’un sentiment de pitié, s’opposaient au passage des fatales charrettes conduisant à l’échafaud les condamnés du jour. Loin de saisir cette belle occasion de prouver au peuple que ce n’était pas Robespierre qui provoquait les supplices, Henriot dissipe l’attroupement, et livre au bourreaux toutes ces têtes que la multitude voulait sauver. Cette horrible cruauté d’un insensé fit le plus grand tort à Robespierre en laissant croire qu’Henriot agissait d’après ses ordres et que c’était réellement à lui qu’il fallait demander compte de tout le sang versé .
Ensuite, selon Le Bas (fils), Henriot commit bévue sur bévue. Il fait arrêter Merlin de Thionville qu’il avait simplement croisé. Philippe indique :
Comment l’insurrection pouvait-elle réussir avec un pareil chef, qui ne commettait que des cruautés ou ne faisait que des sottises ? Eût-il pris la tâche de perdre Robespierre qu’il ne s’y serait pas pris autrement. Incapable de se diriger lui-même, et chancelant sur son cheval, il est probable qu’il était le jouet de quelques traîtres qui s’étaient glissés dans son état-major, et qui le poussait secrètement à tous les excès pour déconsidérer son parti.

Réfugiés en la commune de Paris

Philippe Le Bas évoque un peu plus tard que, lorsque Robespierre et ses amis mis hors-la-loi, prirent refuge en la commune de Paris, leurs adversaires firent tout pour dissuader le peuple des faubourgs d’affluer pour défendre la commune insurgée. Philippe Le Bas indique :
Au moment où des sections en dépit de tout, se mettaient en marche, pour se rendre à l’hôtel de ville, des espions du Comité de sûreté générale répandirent le bruit que Robespierre travaillait pour la cause des Bourbon, et qu’on avait trouvé chez cet odieux conspirateur un cachet à fleur de lys. Il n’en fallut pas davantage pour changer tout à coup les dispositions des bataillons des faubourgs, et pour leur faire déposer les armes .
Philippe Le Bas attribue la responsabilité de cette manœuvre à Vadier, Amar et Voulland ; il cite alors cet échange connu, entre Cambon et Vadier, tous deux alors exilés à Bruxelles : « Comment avez-vous pu avoir la scélératesse d’imaginer ce cachet et toutes les autres pièces par lesquelles vous vouliez faire passer Robespierre pour un royaliste ? » et Vadier de répondre : « Le danger de perdre sa tête donne de l’imagination. »
Et puis, c’est le dénouement. Philippe Le Bas présente l’intervention de Léonard Bourdon, qui semble hésiter avant de lancer la charge, craignant une résistance acharnée. Enfin, il se décide à intervenir, poussé en ce sens par un agent du Comité de sûreté générale nommé Dulac, qui venait de lire le décret de mise hors-la-loi sur la place de grève à l’encontre de Robespierre, de ses amis et des membres de la commune.
C’est la scène ultime de cette journée : le suicide réussi de Le Bas, Augustin qui saute par la fenêtre et les incertitudes concernant Couthon. Enfin, le cas de Robespierre, curieusement, est évoqué de manière légèrement différente de la version du dictionnaire dirigée par le même auteur Philippe Le Bas : « Robespierre était grièvement blessé ; la balle était entrée au-dessus de la lèvre gauche, de sorte que désormais il lui était matériellement impossible de parler. »

Le coup de pistolet de Robespierre

Dans une note de bas de page associée qui, cette fois, ne porte pas la mention P. B., il écrit :
Il y a plusieurs versions sur ce fait. Suivant le plus grand nombre c’est un suicide, Barère a dit dans son rapport à la Convention que Robespierre s’était blessé, d’après les souvenirs conservés dans la famille Duplay, c’est Le Bas qui aurait remis lui-même un pistolet à Robespierre .
Puis, dans cette même note, sont évoquées les deux versions successives de Léonard Bourbon indiquant que Robespierre aurait été tué. La première, son rapport, stipule que ce fut le gendarme Meda qui tira sur Robespierre ; dans la seconde, plus tardive, Bourbon indique que c’est lui-même qui, déguisé en gendarme, aurait tiré sur Robespierre.
Je pense que c’est tout à l’honneur de Philippe Le Bas de laisser en suspens la réponse à cette question cruciale, et de laisser la plume à l’un de ses collègues, tout en faisant figurer l’hypothèse véhiculée par la famille Duplay.
En tout cas, ce choix, qui revient à ne pas trancher entre le suicide manqué et l’exécution par un tiers, rejoint la position, ou la non prise de position, de nos historiens contemporains : Françoise Brunel (1989), Michel Vovelle (1992), Michel Biard et Pascal Dupuy (2004), Peter McPhee (2012), Hervé Leuwers (2014), Jean-Clément Martin (2016) .

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